Entête CNESTO

DECLARATION


Le déferlement des vagues de violence, qui agitent et tourmentent une société en mal de repères et rongée par le doute, contre les remparts physiques, éthiques et intellectuels de l’université, ne date pas d’aujourd’hui, mais n’a jamais atteint un tel degré.

L’année dernière déjà, la violence a été utilisée par deux fois pour réprimer des étudiants qui protestaient à l’université de Bouira puis à l’INRA de Constantine. A Alger 3, en février dernier, c’est des enseignants qui ont été pris à partie par des baltaguias au sein même d’un amphithéâtre où ils se réunissaient. Le même mois, des étudiants en pharmacie qui protestaient à Alger ont été passés à tabac par des policiers sensés être le bras de la justice. A Batna plus récemment, pour cause de campagne électorale, c’est une bagarre à l’arme blanche qui a opposé les membres de deux organisations estudiantines à l’intérieur du campus. Enfin, à l’UMMTO, pourtant berceau des luttes pacifiques, elle s’est manifestée malheureusement de la pire des manières, par deux assassinats d’étudiants en moins d’un trimestre, sans compter les blessés et les victimes de dépassements physiques et verbaux.


En effet, après les violences dont a été le théâtre le campus de Hasnaoua mercredi 26 avril 2017, en fin de journée, durant un gala organisé par les comités des étudiants dans le cadre des festivités commémoratives des évènements du 20 avril 1980, qui se sont déroulées jusque là dans la sérénité et sans incident, voilà que le campus de Tamda est endeuillé par la perte d’un étudiant, ravi aux siens à la fleur de l’âge, par des mains assassines, dans l’après midi du lendemain, jeudi 27 avril 2017.


Le CNESTO, profondément affligé et indigné par cette tragédie qui endeuille encore une fois, toute la communauté universitaire, appelle les enseignant(e)s en particulier, et tous les membres de la communauté UMMTO, en général, à se mobiliser et à se solidariser pour repousser ses attaques et supporter cette douleur atroce, ainsi qu’à redoubler de vigilance en ces temps cruciaux où tout est possible.


Le CNESTO rappelle que si l’origine des vagues de violences qui s’abattent sur l’université algérienne en général, et sur l’UMMTO, en particulier, n’est pas unique, la violence quant à elle, garde toujours le même visage et demeure l’incarnation des instincts primaires lorsque l’on ne croit plus en l’Etat, car trop affaibli pour nous protéger, ou trop faible pour nous résister, bref, lorsque le contrat social organisant la cité se trouve rompu. C’est pour cela que cette violence ne peut pas, et ne doit pas, être réduite au simple fait divers. Elle nous interpelle tous.


Cette violence a été semée et délibérément entretenue dans la région depuis près de deux décennies. Elle constitue aujourd’hui un fond de commerce juteux pour les mercenaires et leurs commanditaires.


Elle a malheureusement envahi toute l’enceinte universitaire, campus et résidences. Elle porte préjudice aux édifices et perturbe la quiétude estudiantine requise dans les processus de formation à l’œuvre, et en interrompt le cours normal, nonobstant leurs incidences directes et/ou indirectes sur l’environnement socio-économique immédiat, voire lointain des établissements.


Qu’elle soit perpétrée au nom d’une idéologie ou pour s’accaparer d’intérêts matériels tangibles au sein de l’enceinte universitaire ou à l’extérieur de celle-ci, la violence se nourrit de la haine qu’elle sème et moissonne dans les cœurs qu’elle meurtrit et endeuille. C’est pour cela que la violence ne peut être vaincue par le recours à la violence. Au contraire, elle n’en sortira que fortifiée et revigorée.


Pour l’endiguer, on ne peut lui opposer que la force d'une réaction pacifique et déterminée. Dans cette posture, l’esprit gardera suffisamment de lucidité pour éviter la surenchère et d’éventuels traquenards. C’est dans cet esprit éclairé et apaisé que les remparts éthiques, moraux et intellectuels de l’université seront opérationnels.


C’est pour cela que le CNESTO en appelle à la sagesse de tout un chacun pour faire régner cet esprit et rejeter cette violence et la condamner comme il sied aux universitaires, et rester ainsi les dignes héritiers des aînés d’avril 80.


Le CNESTO exige:

 

  • De faire toute la lumière sur cet ignoble crime.
  • Le renforcement effectif de la sécurité autour et dans tous les campus et résidences de l'UMMTO.
  • L’équipement et la formation des effectifs en charge de la sécurité.


Enfin le CNESTO, présente aux parents et proches de la victime ainsi qu’à toute la communauté estudiantine de l’UMMTO en particulier, et algérienne, en général, au nom de tous les membres du conseil syndical et de tous les enseignant(e)s, ses sincères condoléances.


Tizi Ouzou, le samedi 29/4/2017
P/Le CNESTO

Entête CNESTO

DECLARATION

 

Lorsque l’on considère le droit et les libertés syndicales et de protestation du point de vue de la loi fondamentale et dispositions réglementaires en vigueur dans notre pays, le moins que l’on puisse dire c’est que l’attitude de l’administration algérienne à l’égard des employés revendiquant l’exercice de ce droit et de ces libertés, est arbitraire.


Comment qualifier autrement l’attitude de l’administration lorsque celle-ci ne donne aucune suite aux dossiers de constitution de nouveaux syndicats ou de renouvellement des directions de ceux qui sont régulièrement constitués ? Ni elle ne délivre de récépissé d’enregistrement, ni elle ne notifie les réserves éventuelles qu’elle y aurait relevées dans un esprit d’accompagnement et d’orientation dans ces actes de constitution, de renouvellement et d’organisation des employés concernés. Cela est un mépris non seulement à l’égard des concernés mais aussi à l’égard de l’Etat et de la République.


Comment qualifier autrement cette attitude lorsque celle-ci fait appel à la force publique pour empêcher, voire réprimer, la protestation d’employés entreprenant d’alerter l’Etat et tenir l’opinion publique à témoin sur le déni de droit dont ils font l’objet de la part de l’administration à laquelle sont confiés pourtant et l’image et l’honneur de toute la nation ? La marche nationale des employés de la SONELGAZ sous l’égide du SNATEGS, réprimée par la police le 21 mars 2017 à Tizi-Ouzou et la manifestation de leur collègues, dénonçant cette répression, également empêchée par les services de sécurité à Béjaïa, le lendemain, en sont des exemples et pas des moindres.


Ces exactions commises, au vu et au su de tous, par l’administration publique attestent qu’il y a un sérieux problème dans la maison Algérie. Soit que l’Etat endosse l’entière responsabilité, soit qu’il sévisse les irresponsables et déstructure la bureaucratie qu’ils érigent en pouvoir parallèle qui met en échec les institutions étatiques tout en jetant l’opprobre sur toute la République. L’honneur même des forces de l’ordre et des services de sécurité n’est pas épargné puisqu’ils leur font faire des missions dans un cadre qui heurte même leurs valeurs en tant que corps et en tant qu’institutions républicaines.


Les employés et leurs syndicats devraient peut être, eux aussi, faire appel, un peu, à l’institution judiciaire pour faire valoir leurs droits lorsqu’ils sont bafoués par l’administration avant d’entamer toute action de protestation de grande envergure.


Bien sûr, les juges de leur côté devraient faire preuve de célérité dans le traitement et le jugement des affaires que les syndicats et collectifs d’employés auraient à leur soumettre.


Les intellectuels, quant à eux, sont tout aussi et également interpellés pour apporter leur contribution en sensibilisant les citoyens en général sur les méfaits et préjudices de ce penchant quasi naturel au totalitarisme et à l’arbitraire très répandu dans notre société en ouvrant le débat large et organisant une thérapie de groupe.


Pour sa part et en attendant cette conjuration et ces adaptations ci-dessus, le CNESTO dénonce fermement ces dépassements et cet arbitraire commis par l’administration publique à l’endroit des employés en particulier mais aussi des citoyens en général, et lance un appel à tous les employés et à tous les syndicats à un rassemblement et une mobilisation pour la défense des droits et libertés syndicales inaliénables, constitutionnellement consacrés sur cette terre de millions de Martyres tombés au champ d’honneur pour que vive l’algérien en citoyen libre, affranchi de tout asservissement et à l’abri des effets de toute forme de totalitarisme.


La marche à laquelle a appelé l’intersyndicale des syndicats autonomes pour le 1er mai 2017 est une occasion pour que tous les employés partageant ce crédo, se rapprochent les uns des autres et pour donner une mesure de leur prise de conscience et par là, même, de leur début de mobilisation.


Marchons alors toutes et tous, le 1er mai 2017 à Béjaïa sous l’étendard de l’intersyndicale pour la défense et la revendication des droits constitutionnels des employés et la dénonciation de l’arbitraire et du totalitarisme bureaucratiques, stigmates d’un lourd et douloureux passé colonial que toutes et tous avons le devoir de dépasser.

 

Tizi Ouzou, le dimanche 2/4/2017
Le CNESTO

Entête CNESTO

DECLARATION
La cigale et la fourmi


Depuis les dernières actions du CNES pressant les autorités d’achever et de distribuer les 272 logements de Tamda, tant attendus par les enseignants, les appétits se sont aiguisés, des mains se frottent, et des voix s’élèvent ici et là, en dehors comme à l’intérieur de l’université, pour réclamer, sous le fallacieux prétexte d’une soi-disant justice sociale, qui une quote-part pour les habitants de la commune d’implantation, qui une nouvelle répartition de ces logements sur les différentes composantes des personnels de l’UMMTO.


A-t-on perdu la mémoire devant la tentation de bénéficier d’un bien qu’on pense non réclamé ?
A-t-on perdu le sens des réalités au point d’oublier tout sens de la retenue ?
Ou tente-t-on d’utiliser la détresse de certains pour régler de vieux comptes avec le CNES ?

Devant cette situation, et pour prévenir des conflits inutiles, il est devenu plus que nécessaire de rafraichir la mémoire de certains et d’apporter un certain nombre de clarifications à ceux qu’on veut entrainer dans un conflit qui ne servira personne, mais surtout aux différents responsables qui, par leurs déclarations approximatives, nourrissent, sciemment ou par méconnaissance, cette tentation de revoir le statut de ces logements.


En 2006, après un mouvement national de protestation des enseignants universitaires sous l’égide du CNES, revendiquant l’amélioration de leurs conditions de travail (révision du statut particulier, logement…), le président de la république annonce un programme de 10.000 logements (d’où l’appellation « programme présidentiel ») au bénéfice des enseignants, à répartir par quota sur les différentes universités du pays. Le quota qui a échu aux enseignants de l’UMMTO s’est élevé à 220 logements de haut standing.


A l’Université Mouloud MAMMERI de Tizi-Ouzou, le CNESTO a dû le déterrer des fonds des tiroirs aux niveaux du vice rectorat appelé alors vice rectorat à la planification, pour l’université, et de la DLEP, pour la wilaya. C’était en 2009/2010. Depuis, le CNESTO n’a cessé de réclamer haut et fort sa réalisation. Il a même eu pour cela à frapper aux portes de différents services au niveau du ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique.


Désespérés, les enseignants de l’Université Mouloud MAMMERI de Tizi-Ouzou ont même recouru à l’exercice du droit de grève pendant trois mois, durant l’année universitaire 2014/2015, et battu le pavé plusieurs fois du campus Hasnaoua au siège de la wilaya, par temps de pluie comme par canicule.


Le gouvernement, répondant à tant de sollicitude de la part des enseignants universitaires et de leur syndicat CNES, a consenti un effort en 2015 qui a pris forme dans un accord entre le ministère de l’habitat et le ministère de l’enseignement supérieur pour le prélèvement, à partir des programmes de logements sociaux en cours, de quotas équivalents en remplacement des quotas de logements du programme présidentiel, et ce dans toutes les wilayas où ce programme n’a pas encore vu le jour.


C’est le cas dans la wilaya de Tizi-Ouzou, où la déclaration officielle par la wilaya d’un prélèvement de 272 logements sur le programme de logements sociaux en cours de réalisation à Tamda, a été faite au CNESTO, le seul représentant officiel des enseignants de l’Université Mouloud MAMMERI de Tizi-Ouzou, et ce dans le cadre de la négociation de la fin de la grève et d’un conflit qui a duré plus de trois mois durant l’année universitaire 2014/2015.


Et c’est sur cette base que le CNESTO avait décidé de geler la grève de 2015, comme cela a été consigné dans le protocole d’accord signé avec le recteur de l’époque, M. Hannachi, en présence de l’actuel recteur, qui était à cette date doyen de la faculté des sciences économiques et président de la commission logement, et contresigné par le P/APW de l’époque, l’actuel sénateur M. Haroun Hocine d’une part, et sur le Procès-verbal signé par le Wali de l’époque, M. Bouazghi. Le protocole d’accord entre le recteur de l’époque et le CNESTO et le Procès-verbal signé par le Wali en mai 2015 sont toujours consultables sur le site web de la section CNES.


Pendant tout ce temps personne n’a contesté le fait que ces 272 logements soient destinés exclusivement aux enseignants. Les ATS, par pudeur ou par calcul n’avaient à aucun moment, du moins jusqu’à début avril 2017, réclamé par rapport à cela. Ils n’ont même pas osé se permettre une simple dénonciation lorsque les souscripteurs au programme LSP ployaient sous les manœuvres de l’OPGI qui s’est réservé 14 logements sur les 244 que compte ce programme et dont les ATS sont les bénéficiaires majoritaires, ou devant les velléités de ce promoteur de revoir à la hausse les prix coûte que coûte, allant jusqu’à orchestrer des retards dans la réalisation et à bâcler la qualité du travail.


Ce bref rappel historique s’imposait pour que les choses soient clarifiées une bonne fois pour toutes, sans animosité envers personne. La section CNES de l’UMMTO a toujours fait montre d’une solidarité sans faille envers tous ceux qui luttent pour leurs droits et elle continuera à le faire à l’avenir. Mais chacun doit comprendre que la sagesse des enseignants a des limites, et qu’ils n’accepteront jamais de voir le fruit de leurs sacrifices cueilli par d’autres.


Aujourd’hui, les ATS, avec l’appui de leurs syndicats, montent au créneau et exigent leur part sur ces 272 logements en particulier. On assiste à un chantage de basse gamme qu’ils exercent déloyalement sur le recteur et le wali.


Il appartient à ces responsables, ainsi qu’aux ministres de l’enseignement supérieur et de l’habitat, d’intervenir et de mettre un terme à cette manœuvre de spoliation qui n’honore pas ses auteurs et foule au pied les valeurs fondamentales du syndicalisme.


Ur nessarwet ara akken ad εabbin wiyaḍ
Azekka ad d-iban wuffir

Tizi-Ouzou, le dimanche 16 avril 2017

Le CNESTO

Entête CNESTO

DECLARATION

Le risque pris par les étudiants en chirurgie dentaire de la faculté de médecine de l’Université Mouloud MAMMERI de Tizi-Ouzou, en s’engageant dans une grève de la faim depuis hier et ce jusqu’à la satisfaction entière de leurs revendications, interpelle toute la communauté universitaire, enseignants, étudiants et ATS voire au delà.


Ce n’est pas par excès de zèle, ni par désir démesuré de faire l’intéressant, et encore moins par folie que ces étudiants ont brandit aujourd’hui cette arme à double tranchant. C’est le recours de l’administration à l’usage de la violence et de la force publique pour étouffer leur mouvement de protestation enclenché en novembre 2016, qui les a acculés dans ce dernier retranchement et ce désespoir.


Qu’espérait vraiment l’administration en réprimant sauvagement cette protestation ? Que les étudiants soient terrorisés et abdiquent après plus de quatre mois de grève sans interruption et sans résultats rassurants ? Mais il y va non seulement de leur avenir mais aussi et maintenant de leur dignité, froissée et piétinée.


Si les doléances exprimées par ces étudiants avaient été convenablement prises en charge, leur protestation n’aurait pas durée tout ce temps.


Mais que demandent-ils vraiment ? Ils n’ont pas tout de même demandé la lune. Devant un avenir effrayant, ils ont demandé la mise en place de mécanismes et de mesures à même d’améliorer à terme la qualité de leur formation et plus de possibilités d’employabilité.


Pour les mécanismes et les mesures d’amélioration de la qualité de leur formation s’ils n’existent pas encore après des années d’existence de ce cursus dans notre pays, c’est qu’il y a mauvaise gestion et mauvaise planification.


Quant à l’employabilité des diplômés, c’est vrai qu’elle concerne toutes les spécialités et tous les domaines et qu’elle n’est pas du ressort de l’université. Mais si aujourd’hui dans notre pays le chômage des diplômés universitaires effrayent nos jeunes au point de risquer leurs vies, c’est parce que la politique générale de l’emploi suivie n’est pas performante et celle de la solidarité non rassurante.


Parce que le chômage est systémique au capitalisme sauvage et à l’économie de la concurrence et du marché imposée au monde entier, en Suède et en Norvège, les politiques ont instauré et institutionnalisé un salaire universel minimum garanti pour rassurer leurs citoyens, notamment les plus jeunes d’entre eux, et préserver leur dignité tout en levant les contraintes sociales sur leurs entreprises qui ont renoué d’ailleurs par là avec la compétitivité.


Notre pays aussi a tout à gagner (stabilité, paix et développement économiques et sociaux) en suivant l’exemple de ces pays là qui ont fait de l’épanouissement humain une priorité nationale. Cette voie permettra à terme à notre pays de revoir de fond en comble tous nos systèmes (éducatifs, formation professionnelle et universitaires,…) qui sont loin de répondre aux attentes des citoyens, des entreprises et de l’Etat.


Ainsi, Le CNESTO lance un appel d’urgence à toutes les autorités concernées pour se pencher sur cette situation alarmante où se retrouvent nos étudiants et de mettre en avant toute la sagesse et toute la compréhension que cette crise requiert.


Tizi-Ouzou, le lundi 08/03/2017
P/Le CNESTO

Entête CNESTO

DECLARATION-APPEL

 

Les enseignants ayant répondu à l’appel des instances nationales du CNES pour l’observation d’une journée de protestation appuyée d’un sit-in au niveau du rectorat le lundi 6 mars 2017, ainsi qu’à l’appel à la marche du CNESTO, le même jour, du campus Hasnaoua vers la wilaya, ont décidé du report de la marche à dimanche 12 mars 2017 à 10H00 en espérant un meilleur engouement et une grande participation pour en donner une mesure exacte de la demande collective de logements que le CNESTO n’a cessé de formuler auprès de la wilaya, depuis 2010.


En effet, et parce qu’il y va de sa crédibilité, le CNESTO se doit d’être précis et exact vis-à-vis de l’administration et de la population qui ont fait montre d’une bienveillante disposition vis-à-vis des enseignants de l’Université Mouloud MAMMERI de Tizi-Ouzou, en consentant qu’un quota de 272 logements soit prélevé, à titre de prêt au profit des enseignants non logés.


Ainsi, la participation à la marche, le dimanche 12 mars 2017, arrêtera certainement le besoin réel en logements des enseignants de l’UMMTO. Il sera alors légitime pour l’administration d’en tenir compte en vertu du sacro-saint principe que le droit n’est ouvert qu’à celui qui le demande. Le CNESTO pour sa part, se voit aujourd’hui dans l’obligation de remettre à la wilaya un état précis assorti éventuellement d’une pétition pour en officialiser cette demande collective de logements en suspend.


N’est-ce pas que le CNESTO a, depuis fort longtemps, prévenu sur le risque qui planait sur le programme présidentiel ? Eh bien, aujourd’hui ce programme est officiellement gelé par la wilaya et ce en dépit de la volonté de l’Etat, officiellement et à maintes fois exprimée par Monsieur Le premier Ministre, du maintien de tous les programmes de logements dans toutes les wilayas. Le CNESTO en détient des documents qui attestent ce gel.


Depuis un certain temps aussi, le CNESTO n’a jamais cessé de tirer la sonnette d’alarme et de prévenir sur le risque de détournement, total ou partiel, des 272 logements prêtés par le ministère de l’Habitat pour le ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique au profit des enseignants, au vu notamment de l’hostilité et de la haine que crachent implacablement certains cercles occultes et sournois à l’égard de l’enseignant dans notre wilaya ?


Aujourd’hui, le risque plane aussi sur l’existence même du syndicat. La volonté de se débarrasser du CNES ne date pas d’aujourd’hui et ne se cantonne pas seulement à l’UMMTO. Elle représente un héritage que se partagent entre eux dans la communion la plus totale ceux d’entre nos propres collègues, hélas, animés et aveuglés par le seul désir d’asservir et d’écraser leurs semblables, lequel désir, méritant d’ailleurs qu’on y pose une attention psychanalytique, n’est rien d’autre que l’atavisme du complexe du colonisé imitant son maître dans l’exercice du pouvoir.


Et avec ce nouveau code du travail qui pointe déjà à l’horizon avec sa batterie de mesures restrictives des libertés et des droits syndicaux et son lot de promesses de remise en question des acquis de hautes luttes, car, hélas, rien n’est irréversiblement acquit, et cette indifférence et insouciance bénissantes de cet enseignant lambda pour qui le Conseil National des Enseignants du Supérieur a pourtant tout fait et donné, ces ennemis jurés du CNES se frottent déjà les mains.


Alors, la question d’être ou de ne pas être se pose aujourd’hui majestueusement à chacun. A chacun alors de choisir et à chacun d’assumer son choix.


Tizi Ouzou, le lundi 07/03/2017
P/Le CNESTO