Jusqu’au simulacre de conseil national du CNES des 27 et 28 février 2015, la section de l'université de Tizi Ouzou, malgré le silence assourdissant du bureau national sur son mouvement de protestation qui dure depuis maintenant trois semaines, ne désespérait pas de voir dans un sursaut de dignité, les membres de ce bureau tendre enfin l'oreille aux cris de révolte montant d'une base lasse d'être prise pour le bouc émissaire de l’université. Il n’en fut rien ! Les masques sont tombés et les desseins des uns et des autres se sont révélés au grand jour.

La section CNES de l'UMMTO, qui a tant insisté sur la tenue de ce conseil national, le deuxième depuis le 4ème congrès, faut-il le souligner, en espérant un rebond salvateur, a été soumise à un chantage odieux et sournois consistant à remettre en cause sa représentativité pour l'amener à accepter les yeux fermés, la feuille de route négociée en solo et imposée par une direction depuis longtemps déconnectée des réalités du terrain et des préoccupations des enseignants.

En effet, à 15 minutes du début des travaux, des membres du bureau national appellent le coordinateur de la section dans une salle, pour lui signifier que le mandat de la section n'était pas validé sous le prétexte que la réélection s'est faite sans la présence d'un membre du bureau national (pourtant le coordinateur national a donné son accord et était présent dans la faculté où se déroulait l’élection mais ne s’est manifesté qu’à la fin de l’assemblée générale élective). Ahurissant ! comme le privilège menacé peut rendre aveugle au point d'ignorer même les dispositions statutaires de l'organisation que l'on dirige ! Sinon, comment n'ont-ils pas pris le soin de vérifier que cette disposition ne s'applique que lors de la création de nouvelles sections, le renouvellement des organes d’une ancienne section ne nécessitant que la transmission du dossier des élections au bureau national.

Les signes d'un conseil national cousu de fil blanc n'ont pourtant pas manqué. La veille déjà, le bureau national a eu la brillante idée de n’inviter, en violation des statuts du syndicat, que deux membres par section (le coordinateur et un membre), prétextant des difficultés logistiques, alors que la représentation des sections à cette instance nationale délibérante est à raison de 1 délégué pour 100 adhérents en plus du coordinateur.

Le bureau national a même su se jouer de la norme statutaire fixant le quorum à 50% des membres et plus, tel que rappelé ci-dessus, pour la tenue du conseil en inventant un nouveau quorum : « 50% des sections et plus ».

Et pour couronner le tout, la présidence des travaux a été confiée, en violation des statuts, à un membre du bureau national pour pouvoir contrôler et élaborer de l'ordre du jour et gérer les débats.

Face et contre toutes ces manœuvres, la délégation de l’Université Mouloud MAMMERI de Tizi Ouzou, après avoir tenté de ramener à un minimum statutaire et réglementaire cette assemblée réunie dans un amphithéâtre désaffecté de l’ex école supérieure du commerce d’Alger, pendant qu’ils se sont offert le luxe de louer des chambres dans un hôtel luxueux, en proposant notamment de subordonner toute décision à un consensus général pour lever le biais de la représentativité et en faisant les compromis nécessaires, s’est retirée le lendemain au commencement de la deuxième séance de travail après avoir dénoncé toutes ces dérives pour ne pas cautionner ce complot contre le CNES, les enseignants-chercheurs et l’université algérienne.

Le forcing opéré par les membres du bureau national pour faire passer le projet de proposition de révision du statut particulier de l’enseignant-chercheur comme une victoire et l’énergie avec laquelle ils se sont opposés à toute action de la base, montre clairement que le coordinateur national a eu des directives qu’il s’est efforcé de mettre en application coûte que coûte. Cet avant projet de proposition n’est rien d’autre qu’une feuille de route visant à museler et à étouffer la volonté des enseignants-chercheurs à se dégager de cette torpeur et de cette peur dans lesquelles les a plongés une décennie de sape du travail des sections à la base.

La délégation de l’Université Mouloud MAMMERI de Tizi Ouzou, a rendu compte fidèlement de ce qui s’est passé à Alger les 27 et 28 février et a livré ses lectures et impressions, à l’assemblée générale de la section réunie le dimanche 01-03-2015 à l’auditorium du campus Hasnaoua I. L’assemblée générale, suite à ces constats amers, dénonce énergiquement :

  • La violation des statuts et de la loi par les membres du bureau national.
  • La gestion inconsidérée des moyens et ressources.
  • Le squat et l’instrumentalisation des instances nationales et locales du syndicat pour la réalisation d’objectifs qui vont à l’encontre des aspirations des enseignants-chercheurs.
  • L’entrave par des subterfuges machiavéliques à l’exercice du droit de grève.
  • Prise en otage du syndicat.

L’assemblée générale de la section CNES de l’Université Mouloud MAMMERI lance un appel à tous les enseignants-chercheurs de l’université algérienne à se mobiliser et s’organiser pour se réapproprier leur syndicat pour rendre la considération à l'enseignant universitaire. Par ailleurs, l’assemblée générale a décidé :

  • La poursuite du mouvement de grève et le maintien des actions programmées et la programmation d’autres.
  • Le lancement à l’adresse de tous les enseignants-chercheurs algériens d’une pétition (on-line) d’adhésion à la dynamique de redressement de l’université algérienne et pour contrecarrer le projet ourdi par la tutelle en connivence avec le bureau national du CNES.
  • L’organisation d’un séminaire ouvert à tous les enseignants-chercheurs de toutes les universités pour dresser un bilan et tracer des perspectives.

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